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Hey hood up guys and chicks! Petite intro américaine pour renouveler mon soutien (comme si il comptait beaucoup!) à Barack "Gangsta" Obama en vue de la présidentielle américaine...On croise les doigts et tout ce que l'on peut croiser avec...N'est-ce pas messieurs les mâles? Mdr.
Bon, après ce petit intermède "Made in US", je vais vous introduire l'objet de ce nouvel article que je mûrissais depuis un certain temps déjà."Sénégal : on y retourne?"...Deux choses derrière cette phrase : Un titre mais aussi et surtout, l'épineux problème du retour au bercail des étudiants et des travailleurs sénégalais vivant à l'étranger...Je ne suis pas devenu journaliste politique ou je ne sais quoi dans le genre, et donc permettez moi de traiter cette problématique sous un angle libre et un peu particulier ,et qui (je le sens jusqu'ici) va à nouveau porter à polémique...
Retourner au pays? Oui, c'est bien beau me diront certains , mais dans quelles conditions? Demande légitime de la part d'un étudiant engagé dans une filière où son avenir est beaucoup plus net et déchiffrable en Occident (Canada,Etats-Unis,Europe etc).Demande qui sera encore beaucoup plus importante lorsqu'il s'agira d'un travailleur, déjà installé, menant sa vie et ayant des attaches (financières ou conjugales) dans ces mêmes pays...Deux choses semblent se dégager de cette demande : Qu'effectivement la plupart d'entre nous souhaitons retourner dans notre pays (celui où le thiép est nékh, rouge et rempli d'huile lol), mais que ce retour devrait être accompagné de solides garanties en matière de postes, de salaires et de perspectives professionnelles...Et c'est là où le bât blesse selon moi, car pensez-vous honnètement que des jeunes (entre 18 et 35 ans),comme vous qui lisez ces lignes,sont en droit (c'est une phrase forte) de réclamer tant de choses à un pays où tout s'effrite de jour en jour ? Car malgré tout l'investissement que vous pouvez mettre ici à l'étranger, dans vos études ou votre travail, le Sénégal (et cela est valable pour plein de pays de la sous-région) reste pour l'instant un pays "sous-développé", et ne peut pas garantir , ni même approcher les conditions salariales et d'évolution que vous pourriez avoir ailleurs.Que reste-t-il alors à faire ? Deux alternatives selon moi : Continuer à penser "selfish",quelque part à jouer perso ,à garantir son avenir et celui de sa petite famille (ce qui encore une fois je le répète, est légitime), ou se retrousser les manches et dire "J'y retourne pour changer les choses"..."C'est un peu facile ce que tu dis là Fary", lol, je vous ai captés au vol...Je vous voyais venir.Et c'est pour cela que je vous demandais tout à l'heure de m'accorder svp l'opportunité de vous exposer mon argumentaire,et comme vous l'aurez deviné je prône un retour d'une bonne partie de ces forces "inactives" depuis l'étranger que nous représentons chacun...
L'argumentaire est le suivant ,et se décline en deux temps: Un problème technique et un problème moral.Pour ce qui est de l'ordre du technique, je vais commencer par poser cette question : Doit-on continuer à envoyer des milliards de Francs CFA via des Western Union,Moneygram ou autres afin que les gens restés au pays puissent profiter de notre réussite acquise à l'étranger ? Moi je pense que non...Ainsi que devient cet argent une fois arrivé à destination? Il permet donc aux gens sur place de s'entraider, d'ouvrir une petite activité de débrouille, en gros de vivre et d'assurer un quotidien un peu meilleur.Ce qui permet indirectement à l'Etat sénégalais non seulement d'épargner de l'argent qu'il aurait (théoriquement) mis dans la redistribution sociale, les infrastructures de santé mais également d'engranger de l'argent avec les taxes effectuées sur ces transferts d'argent depuis l'étranger.Mais n'avez-vous pas remarqué que cet envoi d'argent ressemble plus à du déversement d'argent, qu'à un réel coup de pouce à l'avancement de nos pays.Car on continue à en envoyer chaque mois (vous verrez quand vous travaillerez , vous les étudiants lol),et même si les avancées existent certes, elles sont loin d'êtres aussi significatives que ce qu'elles devraient.Tout cela, parce que l'argent qui est envoyé n'est pas valorisé ni fructifié, mais sert d'argent de consommation comme je vous l'expliquais plus haut.En d'autres termes l'Economie de nos pays ,même si elle permet aux gens de (sur)vivre,est si peu structurée (55 à 60 % de secteur informel au Sénégal), qu'elle nécessite un envoi permanent de devises venant de l'étranger. Que faut-il faire pour remédier à cela? Mes amis économistes me reprendront si je me trompe mais je crois sincèrement que le seul moyen de solidifier le tissu économique d'un pays est d'avoir une large assise de PME (Petites et Moyennes Entreprises),et qui de mieux pour créer et diriger ces PME que vous et moi, "nous" les "gens compétents" diplômés en génie civil, immobilier, économie, droit, finance, télécom ou mécanique industrielle? Qui, a étudié dans les meilleurs écoles ou universités d'Europe ou d'Amérique du Nord? Qui a le bagage technique et intellectuel pour pouvoir créer une jolie petite PME ambitieuse et bien structurée ? Qui, après quelques années de boulot et d'épargne en Occident (car il en faut),avec beaucoup d'audace et en activant son réseau d'amis et de connaissances ne peut pas diriger une belle petite structure? Regardez-vous dans un miroir, vous verrez les réponses à toutes ces questions...
Seulement, les entreprises ne peuvent prospérer et générer richesse et emploi que lorsqu'elles sont dans un environnement favorable, notamment en termes de législation du travail, d'aménagement du territoire , et surtout en matière de fiscalité (les impôts quoi)...Et à ceux qui seraient peut-être convaincus qu'on doit être une génération d'entrepreneurs mais qui réclament (légitimement aussi) ces conditions favorables, je leur répondrai que ces conditions sont entre les mains de l'Etat et des politiques.Que faire alors? Rentrer au pays , fonder son entreprise, et attendre d'être dégouté par la corruption et les multiples obstacles que l'administration et les politiques actuels vont dresser en face de nous ? Ou plutôt rentrer , devenir entrepreneur...mais également créer ces conditions en intégrant (pour les plus courageux) le monde politique, entrer dans le coeur du "système" afin d'y combattre l'esprit de corruption , défendre les intérêts des entreprises et donc proposer une autre vision de la politique sénégalaise , vision qui sera basée sur le mérite et appuiera le chef d'entreprise voulant gagner sa vie honnètement.
Je ne dis pas à tout le monde de devenir politicien et chef d'entreprise à la fois.Et je ne dis pas non plus que nous devons tous rentrer, car comme me l'a fait remarquer un grand frère malien à qui j'expliquais cela, il faut que des gens restent à l'étranger pour continuer à envoyer des devises, à fournir de la monnaie à la zone CFA afin que les gens puissent consommer et donc que les futurs entreprises puissent avoir un marché interieur réel.MAIS il faudra, et j'en suis convaincu depuis quelque temps, que l'on aille groupés (et c'est très important,surtout pas d'initiative individuelle), il faudra donc que l'on aille récupérer notre pays politiquement et économiquement.C'est je pense, le combat de ma génération, c'est votre combat et le mien...
Ce qui m'amène tout doucement au deuxième temps de mon argumentaire...Car après ce volet technique qui a traité du "Comment faire pour réussir notre retour", je vais traiter d'un deuxième volet, moral cette fois-ci, où j'essaierai au maximum d'éviter le "politiquement correct",quitte à fâcher mais on est là pour faire avancer le ballon,prendre le jeu à notre compte .Et là je m'adresse à ceux qui "malgré" ce que j'ai dit plus haut, ne sont pas désireux de créer une entreprise, sont allergiques au monde politique et social, ou qui se contenteraient d'un bon poste au Sénégal.Vous savez qu'aller à l'étranger, pour y étudier, est le signe quelque part d'une certaine "chance" chez nous (même si cela est de moins en moins vrai).Et cette "chance" ne tombe pas du ciel, elle est concrètement représentée par l'aide financière fournie par les bourses d'études pour certains et par les parents pour la majorité d'entre nous...Ainsi , pour rendre donc aux parents leur dû et concrétiser leur "investissement", on se doit d'assurer son avenir et celui de ses enfants,ce qui est tout à fait compréhensible...Mais penser comme cela en l'état actuel des choses chez nous, je crois que c'est être égoïste,démissionner face à à la gravité de la situation ...En effet, on pourrait pour la plupart d'entre nous,retourner au Sénégal, vivre notre petite vie de cadre sup comme le font la plupart de vos parents et comme l'ont fait les miens à une époque.Oui, on peut retourner au bercail,être bien payé, avoir une belle petite maison dans un beau petit quartier, et à notre tour envoyer nos enfants étudier à l'étranger...Qui ne voudrait pas de cette vie? Mais faire cela et vivre comme ça dans un pays pauvre, s'accompagne souvent du "Je ferme ma gueule sur la vie de mon pays" et du "Je fais semblant que tout va bien"...Non, tout va bien pour toi le cadre sup,le DRH , l'ingenieur etc..mais ton bonheur personnel et familial n'est qu'anecdotique par rapport à la masse de misère qui t'entoure, par rapport au reste de tes compatriotes qui eux ressentent réellement que le kilo de riz a augmenté, qui galèrent à joindre les deux bouts aussi bien dans les villes ou dans le monde rural, qui n'auront pas ton salaire pour peut-être s'acheter un petit groupe électrogène et vivre à l'écart des délestages intempestifs...Il faut sortir de la bulle dans laquelle la plupart d'entre nous avons été plongés par nos parents.Leur intention était bonne, protéger leurs enfants,et leur donner un maximum de chance de réussir...Mais ce mot "réussir" a-t-il un sens lorsque 80 % des gens qui m'entourent et avec qui je partage quelque chose d'aussi fort que ma nationalité, sont livrés à eux-mêmes et subissent le moindre contre-coup des mauvaises décisions politiques et économiques...Relisez bien ce passage, relisez le jusqu'à bien saisir ce que je veux dire...C'est à nous , les sois-disant "élites" de prendre les choses en main, de créer des entreprises, de gueuler quand quelque chose ne va pas, d'entrer en politique, en somme, de donner une impulsion nouvelle pour qu'un Sénégal nouveau émerge d'ici 30 à 40 ans.Il ne faudra pas "fermer sa gueule" et faire semblant que les choses sont "justes un peu difficiles ces temps ci"...Adopter cette attitude est selon moi en avoir une aussi criminelle que celle des gens qui nous ont amené à la situation actuelle et qui sont au pouvoir depuis 48 ans (PS et PDS confondus)...Je dis bien criminelle, et je ne suis pas du tout emporté par l'émotion et je ne suis pas non plus extrémiste.Ce que je dis est simple : Etre passif, c'est démissionner, et démissionner c'est criminel...Relisez ce passage autant de fois que nécessaire...On doit marquer une rupture avec la génération de nos parents,ce que je souhaite ,c'est que chaque jeune réveille le SENEGALAIS qui est en lui, que chacun soit un peu conscient des problèmes et soit patriote...
En guise de conclusion,et pour faire retomber l'énervement qui pourrait poindre chez certains d'entre vous, je vous rappelle simplement que c'est parce que nous aimons tous notre pays et notre continent qu'il faut faire quelque chose pour les choses y avancent...Et que ce n'est pas en restant tous ici à envoyer de l'argent, ou en y rentrant pour y mener notre petite vie que nous seront efficaces...C'est l'avenir du Sénégal, des sénégalais et donc de nos petits enfants qui se joue dans les 15 ou 20 ans à venir...Et la perspective de savoir que mes petits enfants pourraient naitre dans un Sénégal bien plus équilibré économiquement et socialement , en plus d'être propre et honnète politiquement, cette perspective là est la seule chose qui m'a fait écrire cet article...La seule et unique...Diadieuf
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